Galerie Mercier&associés : du design de connaisseurs

Jean-Philippe Mercier, installé dans le Rumble de Pettena(1967). Ce prototype est très rare et a été spécifiquement fabriqué pour L'Atelier de Florence. Photo : D. A.

Jean-Philippe Mercier, architecte de formation est un vrai mordu d’architecture, de design et d’arts appliqués. Collectionneur passionné, sa galerie située à quelques minutes de la place Gambetta accueille expositions, documents et objets design, choisis « par coups de cœur », avec toujours une inclination pour les sujets rares.

Pouvez-vous présenter votre galerie ?

J’ai investi cet espace de 300 m² il y a trois ans. Il s’agit d’un ancien atelier de ganterie ♦ qui date du début du XXe siècle, témoignant du patrimoine industriel de l’époque. Par la suite, l’espace est devenu un entrepôt de stockage, puis un labo de photo argentique. Passionné par l’architecture industrielle, et plus globalement par le patrimoine architectural du XXe délaissé, je milite pour montrer des choses rares. Mes références ? J’aime beaucoup Le Corbusier et le mobilier signé Prouvé, Perriand et bien d’autres.

Quelle est l’ambition de la galerie ?

Je voulais un espace pour exposer de l’architecture et les beaux volumes de ce lieu sont parfaits pour ce projet. Collectionneur, je voulais dédier un espace pour faire vivre ma collection, présenter ce que j’aime et aussi jouer un rôle d’« incubateur » afin de mettre en avant des artistes qui ne sont jamais exposés en galerie. Les Frères Baschet, Guidette Carbonnel, artistes reconnus ou confidentiels, l’espace a déjà accueilli plusieurs temps forts. L’idée est de faire vivre ce lieu en montrant des pièces rares. La galerie s’adresse davantage à des collectionneurs, à des connaisseurs.

Pourquoi avoir mis l’accent sur Gianni Pettena, du mouvement de l’architecture radicale italienne ?

Je ne suis pas « monomaniaque » et je m’intéresse à de nombreux mouvements de l’art et de l’architecture. L’œuvre de Gianni Pettena est peu connue et pourtant très riche. J’aime les créations loufoques de ce mouvement qui s’est répandu partout dans le monde. Cette liberté absolue, cela me plaît. Il y a des choses que l’on ne pourrait pas refaire aujourd’hui. Parfois, ce sont des choix difficiles car c’est une exposition qui ne marche pas très bien pour le moment. Mais j’aime prendre des risques, un tiers des œuvres m’appartiennent sur cette expo.

Quels sont les projets de la galerie ?

Après Pettena et l’architecture radicale italienne, ce sera au tour d’Ugo la Pietra et ensuite de la sculptrice Anne Barrès d’être présentés. Je réfléchis en ce moment à plusieurs projets d’expos : la maison de Prouvé ou la maison bulle de Jean Maneval. De plus, je suis en train de monter un centre de documentation qui comprendra des documents rares et des revues pointues sur l’architecture du XXe, du design et des arts décoratifs. A côté de cet espace, je réfléchis actuellement à ouvrir pour la rentrée un espace « boutique » avec des petits objets design, des céramiques. Je souhaiterai que cette galerie accueille plus de monde, que le lieu bouge plus.

Propos recueillis par Déborah Antoinat

Gianni Pettena, « l’anarchitecte » exposé à la galerie Mercier & associés

Photos, maquettes, mobilier, installations, au travers de plusieurs supports, la galerie Mercier & associés présente une rétrospective de Gianni Pettena. Artiste, architecte, les frontières sont parfois floues pour raconter son univers, à tel point qu’il est souvent présenté comme un « anarchitecte ». Un qualificatif confus pour souligner une démarche inattendue pour un architecte : l’homme n’a jamais rien construit. Son œuvre s’est davantage exprimée au travers de happenings et de réalisations fortes. Quelques photos présentent ainsi la « Clay House », un projet autour de l’idée de « renaturaliser» le bâti. En 1971, à Salt Lake City (USA), l’homme utilisa de l’argile afin de recouvrir une maison, la nature reprit ses droits très rapidement.

En matière de design, le tapis « Spofondo » (1989), estimé entre 20 000 et 25 000 €, traduit un des thèmes de prédilection de l’artiste : la perspective. Ici, le rendu de « sol en perdition » a été réalisé à partir d’un cube à six faces. Enfin, l’œuvre inédite installée à l’entrée de la galerie Archipensieri (Archipensées) 2001-2011, vendue à 35 000 €, met en exergue des notions chères à l’artiste comme la rigueur, la perspective et la liberté. Ici le désordre apparent trouve une structure, un ordre. A partir du 21 octobre 2011, une deuxième exposition sera consacrée au travail d’Ugo La Pietra, figure importante du radicalisme italien milanais. D.A.

Mercier & associés, 3, rue Dupont de l’Eure

Ouvert les jeudis, vendredis, samedis de 14h à 19h et sur rendez-vous

Publié sur le75020.fr

Une réponse à Galerie Mercier&associés : du design de connaisseurs

  1. c’est un parcours exceptionnel, les objets rares sont toujours des sources d’inspiration pour les designers

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