La fin de la publicité après 20 heures a été annoncée mercredi 25 juin 2008 par le président de la république après la remise du rapport de la commission pour la nouvelle télévision publique diligentée par Jean-François Copé. Comment va-être comblé la perte de la manne importante que représente la publicité? En 2007, la publicité a rapporté environ 800 millions de recettes.
Le rapport rendu hier et les ajustements de Monsieur Sarkosy apportent quelques réponses sans toutefois apaisé toutes les inquiétudes pour les différents acteurs de l’audiovisuel publique. La question de l’augmentation de la redevance a tout de suite été évincée. Une des premières mesures consiste a taxé les opérateurs de téléphonie et les FAI ( fournisseurs d’accès à Internent) à hauteur de 0.9% du chiffre d’affaires. Une mesure qui devrait rapporté environ 400 millions d’euros. De plus, la redevance allouée jusqu’ici à INA (Institut national de l’audiovisuel), financée par une taxe sur les télévisions privées, sera redirigée vers France Télévision. une mesure qui devrait rapporté environ 80 millions d’euros selon le chef de l’État. Le reste de la perte devrait être récupérer par les effets dus à l’arrêt de la diffusion analogique mais aussi grâce à des économies et des efforts commerciaux. Un pari relativement incertain.
Au-delà des inquiétudes financières, ces décisions vont bouleverser le paysage des soirées télévisées. La suppression de la publicité après 20 heures entraîne une réorganisation des programmes. Le prime time sera avancé à 20 heures 30 contre 21 heures actuellement. Le journal télévisé sera par conséquent raccourci à 20 minutes contre les trente-cinq actuelles. Autre débat, mais on peut s’interroger sur la qualité d’un journal de 20 minutes quand celui de trente-cinq montre déjà des limites en terme quantitatif, notamment pour ce qui est de l’actualité internationale.
Autre danger et non des moindres: la nomination du président de France Télévision sera désormais du fait du président de la République, ou en tout cas de l’exécutif. Quand on sait que les présidents des grands médias privés sont des proches de ce dernier, cette mesure fait sourire (jaune). Une limite à cette nouvelle prérogative: la nomination devra être conforme à l’avis du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) jusqu’ici en charge de cette question. De plus, cette nomination se fera “sous réserve qu’une majorité qualifiée n’y fasse pas obstacle” selon le chef de l’État. En clair, il faut que 3/4 de députés qualifiés soient contre le choix de l’exécutif pour invalider la proposition.
Dans une tribune parue dans Libération daté du 1 juillet, la société des journalistes de France 2 et la société des journalistes de la rédaction nationale de France 3 s’est exprimée sur cette décision. Selon eux, “en décidant de nommer directement le président de France Télévisions, le chef de l’État amorce un dangereux retour en arrière. Etranges relents d’une époque où le conseil des ministres désignait le patron de l’ORTF“, ajoutant que “partout en Europe on cherche à distendre les liens entre la télévision publique et le gouvernement”.
Cette réforme nécessitera plusieurs aménagements législatifs. En septembre, la loi sera présentée devant le Conseil des ministres pour un passage devant le parlement devant le parlement mi-octobre.
Déborah Antoinat