Press Book Déborah Antoinat

Articles étiquettés ‘Médias’

Quel avenir pour la télévision publique ?

juillet 1, 2008 · Laisser un commentaire

La fin de la publicité après 20 heures a été annoncée mercredi 25 juin 2008 par le président de la république après la remise du rapport de la commission pour la nouvelle télévision publique diligentée par Jean-François Copé. Comment va-être comblé la perte de la manne importante que représente la publicité? En 2007, la publicité a rapporté environ 800 millions de recettes.

Le rapport rendu hier et les ajustements de Monsieur Sarkosy apportent quelques réponses sans toutefois apaisé toutes les inquiétudes pour les différents acteurs de l’audiovisuel publique. La question de l’augmentation de la redevance a tout de suite été évincée. Une des premières mesures consiste a taxé les opérateurs de téléphonie et les FAI ( fournisseurs d’accès à Internent) à hauteur de 0.9% du chiffre d’affaires. Une mesure qui devrait rapporté environ 400 millions d’euros. De plus, la redevance allouée jusqu’ici à INA (Institut national de l’audiovisuel), financée par une taxe sur les télévisions privées, sera redirigée vers France Télévision. une mesure qui devrait rapporté environ 80 millions d’euros selon le chef de l’État. Le reste de la perte devrait être récupérer par les effets dus à l’arrêt de la diffusion analogique mais aussi grâce à des économies et des efforts commerciaux. Un pari relativement incertain.

Au-delà des inquiétudes financières, ces décisions vont bouleverser le paysage des soirées télévisées. La suppression de la publicité après 20 heures entraîne une réorganisation des programmes. Le prime time sera avancé à 20 heures 30 contre 21 heures actuellement. Le journal télévisé sera par conséquent raccourci à 20 minutes contre les trente-cinq actuelles. Autre débat, mais on peut s’interroger sur la qualité d’un journal de 20 minutes quand celui de trente-cinq montre déjà des limites en terme quantitatif, notamment pour ce qui est de l’actualité internationale.

Autre danger et non des moindres: la nomination du président de France Télévision sera désormais du fait du président de la République, ou en tout cas de l’exécutif. Quand on sait que les présidents des grands médias privés sont des proches de ce dernier, cette mesure fait sourire (jaune). Une limite à cette nouvelle prérogative: la nomination devra être conforme à l’avis du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) jusqu’ici en charge de cette question. De plus, cette nomination se fera “sous réserve qu’une majorité qualifiée n’y fasse pas obstacle” selon le chef de l’État. En clair, il faut que 3/4 de députés qualifiés soient contre le choix de l’exécutif pour invalider la proposition.

Dans une tribune parue dans Libération daté du 1 juillet, la société des journalistes de France 2 et la société des journalistes de la rédaction nationale de France 3 s’est exprimée sur cette décision. Selon eux, “en décidant de nommer directement le président de France Télévisions, le chef de l’État amorce un dangereux retour en arrière. Etranges relents d’une époque où le conseil des ministres désignait le patron de l’ORTF“, ajoutant que “partout en Europe on cherche à distendre les liens entre la télévision publique et le gouvernement”.

Cette réforme nécessitera plusieurs aménagements législatifs. En septembre, la loi sera présentée devant le Conseil des ministres pour un passage devant le parlement devant le parlement mi-octobre.

Déborah Antoinat

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Le faux JT de la Rtbf fait encore du bruit

janvier 27, 2007 · Laisser un commentaire

La cérémonie de clôture du Fipa est l’occasion de mettre en avant une réalisation audiovisuelle. Pour cette 20ème édition, les festivaliers assistent à un véritable coup de théâtre. En effet, Tout ça ne nous rendra pas la Belgique du réalisateur belge Philippe Dutilleul a été déprogrammé en cours de festival. Ce docu-fiction, diffusé sur la chaîne publique Rtbf le 13 décembre 2006, simule dans le cadre d’un journal télévisé fictif, l’éclatement de l’état Belge par l’annonce de la sécession de la Flandre. On sait à quel point ce sujet est sensible en Belgique.

La mise en scène a suscité, tant dans les milieux des médias que parmi les politiques, en Belgique et à l’étranger, un véritable tollé. Il a fait l’objet d’une procédure administrative pour diverses infractions aux législations en matière d’audiovisuel et de déontologie journalistique. Face à ces retombées, Philippe Dutilleul a réagi et a confié au journal Le Monde du 21 décembre dernier: “je ne m’attendais pas à ça, non vraiment pas… Je ne suis pas un révolutionnaire”. Selon lui, sa démarche avait pour objectif “de susciter la discussion”. Pari incontestablement réussi, le docu-fiction a suscité et suscite encore le débat. Les tentations séparatistes flamandes, évoquées dans ce film, ont réveillé le sentiment d’inquiétude chez les Belges. Au-delà du fond, la forme a également déclenché la critique. La présentation de ce documentaire au coeur d’un journal télévisé aurait entraîné une confusion des genres, qui poserait un problème déontologique. La Rtbf, productrice de ce documentaire, aurait appris tardivement sa programmation au Fipa et décidé d’interdire sa diffusion. La direction du Fipa n’a donc pas eu d’autre choix que d’annuler la projection du film prévue ce soir.

À Biarritz, un sentiment de déception domine. Certains parlent même de censure. La direction a affirmé qu’un autre film sera programmé. Il faudra attendre le lever de rideau pour le découvrir.

Publié dans Info Fipa le 27 janvier 2007

Déborah Antoinat et Clarisse Guiraud

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Menace pour la liberté de la presse russe

octobre 25, 2006 · Laisser un commentaire

Anna était journaliste d’investigation et reporter de guerre reconnue au niveau international pour la qualité de son travail. Elle était aussi très engagée dans de nombreuses actions de défense des droits de l’homme.

Dénonçant les horreurs commises par l’armée russe dans la petite république du Caucase tout comme les atrocités opérées par les milices du premier ministre tchétchène pro-Poutine, Ramzan Kadirov, elle savait que son travail dérangeait et que sa vie était en danger.

En Russie, l’assassinat de journalistes est devenu monnaie courante. Depuis l’arrivée de Poutine au Kremlin en 2000, 12 reporters ont subi le même sort. La mort d’Anna Politkovskaïa entame un peu plus la liberté de la presse dans ce pays.

Poutine a promis, lundi 9 octobre, une “enquête objective” sur la “mort tragique” de la journaliste. Le lendemain, en visite officielle à Dresde, dans l’est de l’Allemagne, le président russe, lors d’une conférence de presse commune avec la chancelière Angela Merkel, a affirmé que ce meurtre est un acte “affreux” et “inacceptable”. Ce crime “contre une femme et une mère” ne “doit pas rester impuni”, a-t-il ajouté, tout en estimant que l’influence de la journaliste “était insignifiante” pour la vie politique russe.

Quelques jours avant cet évènement, le président russe a reçu des mains de Jacques Chirac, la Grand-Croix de la légion d’honneur. L’organisation Reporters sans frontières voulant la lui retirer, Chirac a affirmé, lors du sommet de Lathi en Finlande le 20 octobre, que « c’est une tradition républicaine de la donner aux chefs d’Etat étrangers(…). Cela n’a pas de valeur morale ».

Rappelons que la Russie, à travers l’entreprise Gazprom, fournit environ un quart des ressources énergétiques à l’Europe.

Publié le 25 octobre 2006 dans Univers-Cités

Déborah Antoinat

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